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Publié le : 7 décembre 2018

Edito

“Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même.” (Daniel Pennac, Comme un roman, 1992)

 

Cher Collègue, Cher Lecteur,

On estime qu’en moyenne plus de 1,5 million d’articles scientifiques (toutes langues) sont publiés par an depuis 2015, avec un grand nombre d’essais thérapeutiques parus dans des revues prestigieuses en langue anglaise comme le New England Journal of Medicine ou le Lancet.

Pour rester informés « en temps réel », nous devons lire davantage, à défaut apprendre à mieux lire. Comme prescripteurs, vis-à-vis de nos patients et comme enseignants, vis-à-vis de nos étudiants, nous avons la responsabilité et même l’obligation de fournir des informations qui se rapprochent le plus possible de la « vérité basée sur l’évidence scientifique ». Cela exige que nous soyons, nous-mêmes, en phase avec cette exigence et que nous nous astreignions à vérifier exhaustivement nos sources pour acquérir par la lecture une connaissance bibliographique la moins biaisée possible. Cela est surtout vrai pour les essais thérapeutiques. Ces derniers, le plus souvent financés ou mis en place par l’industrie pharmaceutique, sont porteurs de messages qui pourraient modifier nos modalités de prescription ou nous inciter à le faire. Notre attitude dépendra de la crédibilité et du degré de certitude que nous donnerons à leurs conclusions.

Mais comment s’assurer d’avoir la bonne grille de lecture ? Faut-il croire ce qu’on lit ? Que se cache-t-il derrière ce qu’on lit ? Dans la présentation et l’interprétation des résultats, qu’implique implicitement la dénomination des études et leur méthodologie : infériorité ? supériorité ? score de propension ? nombre de sujets à traiter ? Telles sont, entre autres, les nombreuses questions auxquelles nous réfléchirons avec impartialité et espérons trouver des réponses conformes à cette exigence de justesse de lecture.

C’est pour nous aider à démêler le vrai du faux, rendre explicite ce qui est implicite (mais pas forcément présenté comme tel) que les méthodologistes ont mis l’accent sur l’apprentissage de la lecture critique d’article (LCA) et en ont fait un module d’évaluation dans le deuxième cycle des études médicales.

Stéphane MOULY, Professeur de Thérapeutique à l’Hôpital Universitaire Lariboisière (APHP, Paris), est spécialiste universitaire de lecture critique d’article. Dans l’article qu’il nous propose, il illustre parfaitement la difficulté et les biais d’interprétation des résultats d’un article scientifique et nous propose des grilles de lecture internationalement validées.

Nous espérons que la lecture de cette mise au point, à défaut de vous inciter à lire davantage, vous aidera à accroître la qualité de vos lectures pour une analyse plus juste et un partage plus sain de nos connaissances avec nos patients, nos étudiants et nos collègues et collaborateurs.

Bonne lecture et continuons à résister.

Professeur Damien Sène

Rédacteur en chef